#LABORATOIRE# L’herbe verte

Un texte que j’avais écris à moi-même il y a quelques années. 

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Dans un livre, j’ai lu que si l’herbe est verte c’est que tout simplement elle a fait le choix d’être verte ! Un scientifique, lui, observerait toutes les brindilles d’herbe, constaterait la répétition de cette couleur et en conclurait que l’herbe est verte. L’auteur dit que ce raisonnement est absurde. Je suis d’accord avec lui, en lisant ses mots j’ai même été apaisé. Ce n’est pas parce qu’une chose se répète qu’on peut en établir une vérité absolue. Je trouve ce genre de vérité dangereuse pour l’esprit. Ce sont ces vérités qui nous empêchent de nous émerveiller et de nous laisser surprendre. L’herbe aime peut-être tout simplement être verte ! Mais pourquoi l’affirmer comme vérité absolue, qu’est ­ce donc ce besoin étrange d’établir un repère fixe et extérieur ? J’aime à penser que peut-être l’herbe avant de choisir d’être verte a fait l’expérience de plusieurs couleurs, elle s’est cherchée dans un arc ­en ­ciel et puis un jour elle a rencontré le vert. Peut­-être qu’elle ne s’est pas tout de suite rendu compte qu’elle était verte dans l’herbe ! Elle s’est peut-être trompée plusieurs fois, elle a peut -être établi des vérités sur les couleurs en général, elle s’est peut -être cherchée à travers les couleurs, elle a peut­-être cru être bien dans une couleur sans pourtant en être convaincue… Et puis un jour, elle a compris le vert en elle et a fait le choix de l’être ! Ce qui est beau, c’est qu’elle pourrait être de n’importe quelle couleur. Mais si l’herbe pousse verte c’est que tous les jours elle s’émerveille du vert, tous les jours elle re­découvre le vert, tous les jours elle re­imagine le vert et tous les jours elle ré­invente le vert ! Et c’est bien parce qu’elle ne pourrait pas l’être qu’elle est verte ! Le scientifique désire établir une vérité pour lui­ même. Il désir être rassuré dans une idée fixe et limitée. Il a peur d’un changement qu’il ne pourrait pas comprendre. Il a peur de l’incertain en lui­ même. Il a peur d’être bousculer et de ne pas se relever. Il s’impose des limites et des vérités mais il oublie de s’émerveiller. Il ne voit pas l’herbe verte comme je peux la voir. Il ne voit pas l’herbe qui chaque jour fait l’effort de ce vert, il ne voit pas chaque brindille s’émerveiller d’être verte parce qu’elle pourrait être différente, il n’entend pas cet éloge de ce vert qui chaque jour se répète et fait l’effort d’être. Il n’y a pas de vérité absolue. Nos idées et nos concepts ne sont pas des choses à fixer ou à limiter. Chaque jour, il faut rompre avec le vert d’hier et chaque jour il faut
re­découvrir, ré­imaginer et ré­inventer le vert dans notre vie. Parce qu’un sentiment est un émerveillement à ré­apprendre et à ré­découvrir chaque jour, parce qu’il n’est pas à établir dans une vérité et à fixer que je le vois dans sa juste valeur. Les repères créent à travers nos concepts sont extérieurs à nous -même, ils calment nos peurs et nos angoisses mais nous limitent à comprendre la véritable essence des choses. Je m’émerveille de ce qui est et de ce qui pourrait ne pas être. Et c’est bien parce que l’herbe pourrait être orange que je l’aime verte. C’est bien parce que ce vert est chaque jour incertain, qu’il n’est pas une vérité absolue et que je ne le vois pas comme une nécessité fixe et essentielle à ma vie que j’aime l’herbe verte.


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