#LECTURES# Qu’est ce que l’empathie ?

Extraits du livre « Pour une enfance heureuse » du Dr Catherine GUEGUEN – Edition Robert Laffont

« La rencontre humaine est indispensable, elle est une des priorités de l’être humain, mais elle se révèle pleine d’embûches. Le paradoxe est là sous nos yeux : l’être humain souhaite rencontrer les autres ; or, dans la réalité, cette relation espérée, désirée est souvent chaotique et insatisfaisante » p.38

 

« Margot Sunderland, psychologue, responsable du centre de la santé mentale pour l’enfants à Londres, dit :« Pour être mentalement équilibré et heureux, il est indispensable d’entretenir de véritables relations humaines. La qualité du contact que nous entretenons avec les autres est sans doute l’un des facteurs les plus déterminantes de notre bien-être. Car la relation que l’on établit avec l’autre implique une relation profonde avec nous-mêmes et avec la vie en général. » p.39

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« Pour bien préciser la notion d’empathie, il est utile de distinguer sympathie et empathie, dont les définitions sont très variables selon les auteurs et peuvent créer une certaine confusion.
Pour Jean Decety, chercheur en neurosciences affectives et sociales à Chicago, éprouver de la sympathie pour quelqu’un, c’est, dit-il, « ressentir le désir de lui apporter du bien-être ». La sympathie fournit une base affective nécessaire au développement moral chez l’enfant ». Pour lui la sympathie n’est pas l’attirance, le penchant pour une personne, mais le désir de lui apporter du bien-être.
Quant à l’empathie, Jean Decety différencie l’empathie cognitive et l’empathie affective. L’empathie cognitive signifie comprendre les intentions d’autrui. L’empathie affective désigne le fait de sentir partager les émotions et sentiments d’autrui. Il est possible d’éprouver de la sympathie pour quelqu’un sans ressentir l’empathie. Dans cette situation, nous voulons apporter du bien-être, mais sans être emphatique, c’est-à-dire sans comprendre ni partager ses émotions et sentiments. Vouloir à tout prix le bien-être de quelqu’un sans éprouver d’empathie est source de beaucoup de conflits et d’erreurs.

Emma, 4 ans, doit aller à la piscine. Cette perspective la panique mais elle n’en parle pas à ses parents. Ses parents n’éprouvent pas d’empathie pour elle, donc ils n’imaginent pas, ne ressentent pas son angoisse. Ils sont persuadés qu’elle est ravie d’aller à la piscine. Par contre ils ont de la sympathie pour elle, ils veulent avant tout son bien-être et pensent que la piscine va lui faire le plus grand bien sans tenir compte de ce qu’elle ressent. Résultat, Emma, une fois dans l’eau, pleure, s’énerve. Elle est très en colère contre ses parents. Elle ne se sent plus en confiance avec eux, ils l’obligent à faire des expériences qui la paniquent. Le lien avec eux se distend. 

L’empathie n’est pas non plus toujours associée à la sympathie. Le ressenti et la compréhension des émotions et sentiments de l’autre ne signifient pas que nous éprouvions de la sympathie pour lui.

L’adulte qui garde Victor, 3 ans, éprouve de l’empathie, il sent bien la tristesse, le chagrin de Victor ce matin, mais il n’éprouve pas de sympathie pour lui. Alors, il ne bouge pas pour le réconforter. Victor ne se sent pas en sécurité affective avec cet adulte, il se sent seul, incompris et son chagrin augmente. Le lien avec cet adulte se distend.  » p.40

L’empathie peut se tourner vers soi-même, on l’appelle alors l' »auto-empathie ». Elle consiste à accueillir sereinement tout l’éventail de notre vie intérieure, qu’elle nous plaise ou non, avec ses émotions, ses sentiments, ses souhaits quels qu’ils soient, à en avoir pleinement conscience, à les écouter, à les comprendre, sans jugement, sans culpabilisation. L’empathie commence donc par soi-même.
Cet éveil de la conscience, cette étape de la connaissance de soi, de ce que nous sommes profondément avec nos ombres et nos lumières est source d’apaisement. En effet, nous ne cherchons pas à être parfaits, loin de là, mais nous nous connaissons et acceptons nos émotions et sentiments, nos qualités et aussi nos faiblesses. Nous sommes d’avantage conscients de nous-mêmes.
Cette connaissance de soi n’est pas figée, elle évolue constamment au rythme de notre vie qui nous affecte et qui nous transforme en permanence. Elle est aussi incomplète, car une partie de nous, inconsciente, mystérieuse, échappe à notre compréhension.
Si nous n’avons pas la moindre empathie pour nous-mêmes, il sera difficile voire impossible d’être emphatique avec les autres. L’auto-empathie est donc l’étape nécessaire pour ensuite sereinement accueillir et comprendre les émotions, les sentiments, les qualités mais aussi les défauts et les faiblesses d’autrui. 
Il s’agit alors de prendre le temps d’accueillir la personne qui est devant nous avec ses émotions, ses sentiments, ses demandes, quels qu’ils soient, et de savoir l’écouter, la comprendre, sans la juger ni la culpabiliser, sans non plus la conseiller sauf si elle le demande.  » p.42

 


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