#LABORATOIRE# Au bord de la crise…

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Il était 17h30, j’entrai dans la crèche. Petit homme rangeait des cartes dans une boîte. Il se retourna, me vit et sourit. Il se leva de sa chaise et continua à aider Coco, l’assistante maternelle, à ranger le matériel. Puis il courut rejoindre Agathe, 20 mois et grande copine de Petit homme, qui était encore là. Tous les deux se précipitèrent sur le toboggan situé dans la salle en rigolant. J’annonçai la suite des évènements à Petit homme : “Nous allons rentrer à la maison Petit homme, tu dis au revoir à Coco et à Agathe ?”. Accompagné d’un signe de la tête, il répondit “Non !”. Intérieurement, je pensais “Oula, ça va être le bordel, ça y est ! Déjà hier, il a quitté la crèche à chaudes larmes. J’avais eu la sensation de le séparer de l’endroit le plus merveilleux de la terre ! En plus, quand il est agité de cette manière, chez lui c’est signe de fatigue et d’humeur à fleur de peau. J’ai pas du tout envie de vivre une crise émotionnelle là maintenant”. Je pris quelques secondes pour accueillir mes sentiments et écouter mes besoins. J’étais inquiète pour la suite des événements, j’avais envie de partager avec Petit homme une fin d’après-midi et une soirée agréable. Je m’aperçus que mon aspiration à cet instant était de vivre avec lui une relation de qualité. Petit homme quant à lui était fatigué. Il y avait donc un décalage entre mon aspiration et ce qui était pour Petit homme ses moyens du moment présent. Et lorsque je compris ça un soulagement intérieur s’était opéré et j’étais prête à accueillir la situation telle qu’elle était. Je profitais tout de même de la sortie de Agathe et de sa maman, qui arriva entre temps, pour encourager Petit homme à sortir. Je le pris dans mes bras et calmement je lui rappelai que nous quittions la crèche, tout en me reliant à ce qui semblait essentiel pour lui à ce moment-là : “Wahou, à la crèche tu t’y sens vraiment bien on dirait. Tu étais content d’aider Coco à ranger et de jouer encore avec Agathe ? Je suis arrivée et maintenant c’est terminé la crèche, nous rentrons à la maison. Qu’est-ce qui se passe à l’intérieur ? C’est triste ?”. J’arrêtai de parler et le silence prit son tour. Petit homme soupira et en passant devant la grille, il ajouta “Au revoir crèche, Au revoir Agathe”. Il frottait ses yeux… La soirée s’annonçait vraiment fragile. Avant de le coucher, il y avait le repas et le bain à prendre. Alors je décrivais ce que je voyais : “Tu frottes tes yeux, c’est parce que tu es fatigué ? Tu sais, j’ai remarqué que lorsque tu étais fatigué tu étais à fleur de peau. La contrariété, la frustration ou entendre “non” te faisait très vite réagir, tu pleures, tu cries ou tu rigoles nerveusement.” Il écoutait sans rien dire. Sur le chemin vers la maison. Je me souvenais que le personnel d’une crèche Montessori se devait d’être lent dans ses gestes. Cela permettait entre autre d’instaurer un cadre calme. Je fis alors la même chose, je me mis à marcher lentement, devant la maison j’ouvris lentement le portail et le refermai délicatement. Je sortis ma clef avec douceur et pris mon temps pour ouvrir la porte. Une fois à l’intérieur je m’assis sur le canapé, Petit homme encore dans mes bras, j’ouvris l’ordinateur et lançai sur Itunes de la musique classique. Petit homme se glissa à côté de moi et s’enfonça dans les coussins du canapé. Il était tranquille. Je restais à côté, je me disais que j’allais prendre le temps et laisser ce mouvement que je percevais en lui arriver jusqu’au bout. Et tout d’un coup, il se leva et se dirigea à ses jeux. A mon tour, je me levais et je me mis à mon activité : préparer le repas.

C’était incroyable parce qu’habituellement et en vue de son état de fatigue Petit homme, dans ces moments-là, ne supporte pas que je sois occupé à autre chose que lui. La moindre action devient stimulus de cette émotion qu’il l’habite et qu’il tente désespérément de mesurer, sans y parvenir et sans être écouté. Cela peut vite tourner en lutte de mes besoins contre ses besoins. Ce soir là, je pris le temps de me relier à lui et d’écouter simplement en étant présente. Il n’y avait plus de repas à préparer ou de bain à prendre, juste lui et moi, assis sur le canapé en écoutant de la musique. Et cet abandon pour le présent à créer ce quelque chose de magique.


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